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29 septembre 2021

Présentation de biocheck.ugent : un système de notation unique qui donne aux agriculteurs les informations nécessaires pour maintenir à la fois leurs animaux et leurs entreprises en bonne santé.

Développé par le département de médecine vétérinaire de l’Université de Gand, Biocheck vise à aider les éleveurs de porcs à garder leurs animaux et leurs entreprises en bonne santé. Le professeur Jeroen Dewulf, la force motrice de cette méthodologie, en explique l’idée.

Jeroen, pouvez-vous nous présenter Biocheck.ugent ?

Le professeur Jeroen Dewulf : « L’idée de Biocheck est née de l’objectif de réduire l’utilisation d’antibiotiques en empêchant les animaux de tomber malades, ainsi que de protéger les élevages contre l’introduction de maladies épidémiques telles que la peste porcine africaine (PPA). Biocheck.ugent est, en termes simples, un système de notation en ligne pour la biosécurité dans les élevages porcins. Considérez ceci comme un bulletin scolaire qui permet à un agriculteur d’évaluer objectivement et d’améliorer la biosécurité dans sa ferme.

« Nous utilisons une méthodologie basée sur le risque. C’est unique. Il existe aussi d’autres systèmes. Certains d’entre eux se concentrent sur une espèce animale ou sur un type de maladie animale. Il ne fait aucun doute que chaque système a ses propres mérites, mais aucun autre système n’utilise la même approche comme nous le faisons avec Biocheck.ugent. »

Qu’est-ce qui rend ce système si unique ?

Eh bien, chaque facteur de risque dans une ferme d’élevage se voit attribuer son propre poids en fonction de son importance dans l’introduction et la propagation de la maladie. Je crois que c’est la clé de l’efficacité du système.

« Biocheck identifie très bien les forces et les faiblesses des mesures de biosécurité dans une ferme et donne un aperçu précis des aspects qui doivent être améliorés pour maintenir les animaux en bonne santé. En plus de cela, le système génère un avis pour l’agriculteur. Il ne met pas seulement des données dans le système, mais il obtient également quelque chose d’utile en retour. »

Les systèmes Biocheck.ugent existent pour les élevages porcins mais aussi pour la production de volaille et de bétail et sont déjà utilisés dans plus de 60 pays à travers le monde. Le système est gratuit, donc si vous êtes intéressé, allez le découvrir sur www.biocheck.ugent.be.

Le gouvernement belge a récemment inclus la biosécurité dans le cadre juridique. Que pensez-vous de cette évolution ?

Le professeur Jeroen Dewulf s’explique : « Il y a un certain nombre de pays en Europe où un audit annuel de biosécurité est obligatoire. La Belgique, mais aussi d’autres pays, s’appuient sur la méthodologie Biocheck.ugent pour cela puisque l’Autorité européenne de sécurité des aliments a identifié Biocheck comme un bon outil afin d’analyser et gérer le niveau de biosécurité au niveau de la ferme.

« Personnellement, je suis très heureux de cette évolution. Cela nous permettra de comparer les résultats entre les pays et d’identifier les forces et les faiblesses de la biosécurité au niveau de l’ensemble du secteur de la production de viande. Sur la base de ces informations, nous pouvons poursuivre nos recherches et donner des conseils scientifiques sur la façon d’optimiser la biosécurité avec les parties prenantes et le gouvernement. »

« L’hygiène sera toujours la base solide de tout, de tous les aspects de la santé animale, mais aussi de la santé humaine. Citons la peste porcine africaine, la grippe aviaire, mais aussi la pandémie de covid-19. Nous devons continuer à investir – et même mettre la barre plus haut à ce niveau – dans des étables plus propres et qualitatives, dans la prévention et la biosécurité. »

La biosécurité demande un effort de la part de l’agriculteur en particulier. Quelle est selon vous la plus grande difficulté pour réaliser une ferme biosécurisée ?

Le professeur s’explique : « Nous devons tous comprendre que la biosécurité est un investissement solide, qui rapporte très bien. Un agriculteur soucieux de la biosécurité améliore sans cesse son système de production, c’est une question d’attention et d’attitude au quotidien. L’avantage d’améliorer la biosécurité est que vous pouvez prévenir de nombreux dangers différents à la fois liés aux maladies quotidiennes qui provoquent l’utilisation d’antibiotiques mais également liés aux menaces des grandes maladies épidémiques. L’inconvénient par contre est qu’on ne voit pas facilement l’effet en faisant un bon travail. Nous appelons cela le « paradoxe de la prévention » : plus votre biosécurité est bonne, moins on décèle de maladies, et c’est une chose à laquelle on s’habitue facilement et on oublie ensuite le bénéfice des efforts en biosécurité. »

« La jeune génération de ‘Millennial Farmers’ est très prometteuse. Ils semblent avoir une compréhension et une conscience profondes de la biosécurité. Les propriétaires d’une ferme biosécurisée économisent sur les frais médicaux et sur le coût d’utilisation des antibiotiques. Mais le principal avantage ; dans un contexte sain et plus favorable aux agriculteurs, ils ont de meilleurs résultats de production.

La première Convention Antibiotiques de Belgique a démontré une volonté remarquable de l’ensemble de la filière porcine à lutter pour une réduction de l’utilisation des antibiotiques. À votre avis, une industrie agricole complètement « exempte d’antibiotiques » est-elle possible ?

Le professeur Jeroen Dewulf : « Je crois vraiment, fermement que c’est possible, mais je pense également que vous devriez définir « exempte d’antibiotiques ». Je suis convaincu que nous pouvons éliminer complètement l’utilisation structurelle des antibiotiques. Dans ces circonstances, une utilisation ponctuelle peut avoir lieu, mais limitée à une ou deux interventions par an et par exploitation. Et par « une ou deux interventions », j’entends le traitement d’animaux individuels. Pas des étables entières ou des stocks. La plupart des agriculteurs ne peuvent pas encore le faire d’ici demain, mais la conviction de lutter pour cela existe certainement. »

Combien de temps pensez-vous qu’il faudra pour interdire complètement l’utilisation structurelle des antibiotiques ?

Le professeur Jeroen Dewulf : « Si nous restons concentrés et motivés, je pense que nous pourrons éliminer l’utilisation structurelle des antibiotiques dans le monde d’ici vingt à trente ans… »

« Cependant, la biosécurité ne deviendra jamais obsolète. Il s’agit de bien plus que de l’utilisation d’antibiotiques, mais de contenir toutes les maladies infectieuses. Cela restera toujours un point d’attention, et qui sera bientôt intégré dans la gestion opérationnelle de chaque élevage. »

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